Afrique à Paris : quartiers et bonnes adresses

Vous avez du temps libre ce week-end et vous vous demandez que faire en région parisienne ? Je vous propose d’occuper votre temps de manière originale en partant à l’exploration de l’Afrique à Paris. Perplexes? Suivez le guide, j’ai plein d’idées de sorties qui devraient plaire à tous, même aux enfants.

Petite précision, avant de commencer et pour éviter toute polémique inutile. Pour des raisons de simplicité, quand je parle d’Afrique, je fais exclusivement référence aux 19 pays francophones de l’Afrique subsaharienne. À savoir, pour ceux qui bullaient en géographie au collège : Burkina Faso, Bénin, Burundi, Cameroun, Congo, Rwanda, Sénégal, Mali, Niger, Gabon, les Comores, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée équatoriale, Madagascar,  Djibouti,  République centrafricaine, la RDC, et les Seychelles. Il’agit là d’un simple raccourci de langage.

Paris, ville multiculturelle

Paris est perçu dans le monde entier comme une ville-musée, figée dans le temps. Il s’agirait d’une ville profondément ancrée dans une histoire très judéo-chrétienne vierge d’influences culturelles non occidentales. Penser cela, c’est faire fausse route, car Paris est une ville ancrée dans le monde multiculturel d’aujourd’hui. Loin d’être figée, cette ville cosmopolite se nourrit des influences extérieures sans perdre son identité profonde. La Ville lumière est pleine de quartiers cosmopolites qui se’enrichissent de cultures venues d’ailleurs. Parmi ces ailleurs, les pays de l’Afrique francophones occupent une place bien particulière. Cela s’explique par l’histoire coloniale de la France.

Mais, revenons au présent, car les cultures africaines Paris aujourd’hui grâce entre autres aux importantes diasporas africaines y vivent. Ces diasporas se composent des vagues migratoires post-colonisation datant des années 60 et de migrants plus récents. Bien que l’acculturation soit le mode d’intégration prôné en France, les communautés africaines ont su conserver une part de leur identité. Elles animent la vie parisienne. Laissez-moi maintenant vous guider dans Paris, l’Africaine.

Place du Général Catroux pour aller sur les pas d’Alexandre Dumas

Peu de personnes le savent, mais Alexandre Dumas était un homme noir. Ou pour être tout à fait exacte métisse ou quarteron. Et pour compliquer les choses, l’histoire de France a été marquée par 3 Alexandre Dumas. Et tous, de la même famille : grand-père, fils et petit fils ont choisi le même nom public.

Revenons à nos moutons, l’Alexandre Dumas qui nous intéresse est le grand-père. C’était le fils d’une esclave noire. Je ne vais pas rentrer ici dans les détails de sa biographie, mais sachez que ce héros de guerre déchu est à l’origine de l’unique lieu parisien consacré à la mémoire des victimes de l’esclavage.  Une statue a été érigée en sa mémoire sur la place du Général Catroux. Tous les ans, une commémoration du 10 mai en l’honneur de l’abolition de l’esclavage s’y tient. Cette place est le symbole parisien d’émancipation des esclaves noirs. Je vous conseille d’y aller un 10 mai pour participer aux festivités. Selon les années, les animations sont plus ou moins importantes. J’y ai toujours passé un excellent moment grâce aux concerts, discours, danses qui se tiennent lors de la manifestation. La première fois que je m’y suis rendue, nous avons même eu droit à la dégustation d’un repas antillais offert. 

Le musée du Quai Branly pour admirer et comprendre l’art africain

Le musée du Quai Branly met à l’honneur les arts issus des civilisations extra-européennes.  Il a ouvert en 2006 sous l’impulsion de Jacques Chirac, grand amateur de ces cultures. Comme je l’avais déjà évoqué, il a provoqué quelques émois dans ses premières années en raison notamment de la classification en arts premiers des œuvres non occidentales. En bref, le musée a été accusé d’être un brin eurocentriste. Tout l’inverse des intentions de notre ancien président à son ouverture.

Alors que le monde voit se mêler les nations, comme jamais dans l’histoire, il était nécessaire d’imaginer un lieu original qui rende justice à l’infinie diversité des cultures, un lieu qui manifeste un autre regard sur le génie des peuples et des civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.

Au nom de ce sentiment de respect et de reconnaissance, j’ai décidé en 1998, en accord avec le Premier ministre, M. Lionel JOSPIN, la création de ce musée. Il s’agissait pour la France de rendre hommage à des peuples auxquels, au fil des âges, l’histoire a trop souvent fait violence

Jacques chirac, 2006
Discours d’inauguration du Quai Branly

Même lorsque les intentions sont bonnes, des maladresses peuvent être commises. Il faut alors savoir en prendre acte pour s’élever. Et je trouve que le musée a su prendre en compte une partie des griefs. On va vers la bonne voie. Je vais être honnête avec vous, en dépit de traits ethnocentristes persistants soulignés par Sally Price, j’adore ce lieu parisien. Il s’agit simplement, à mon humble avis, de l’endroit le plus stimulant pour s’initier à l’Art de l’Afrique à Paris.

La galerie permanente explique et retrace l’histoire de la création artistique non occidentale de manière pédagogique. Je trouve les œuvres élégamment valorisées par une scénographie soignée mêlant les différentes cultures. Le travail de médiation culturelle est soigné bien que les réflexes de hiérarchisation demeurent présents. En outre, le musée a une programmation d’événements et d’expositions qui permettent de parfaire ses connaissances de l’art africain, assister à des tables rondes sur le dialogue des cultures ou encore, découvrir des artistes contemporains venus d’Afrique et d’ailleurs. Je vous invite d’ailleurs à consulter le site du musée du quai Branly pour connaître les événements à venir.

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La Goutte d’Or pour une virée shopping

Last but not least ! Je ne pouvais achever ce tour d’Afrique à Paris sans évoquer le fameux quartier de la  Goutte d’or. Lorsqu’on parle des communautés africaines à Paris, il est fréquent qu’elles soient réduites la Goutte d’Or. Plus connue encore sous le nom de sa station de métro à savoir Château rouge. Je ne voulais pas commencer par là pour éviter de leur donner une importance démesurée comme certains médias. Non, ce n’est pas là le fief des Africains de la région parisienne. L’Afrique est multiple, les afropéens de Paris également contrairement à ce que semble penser M6 et Bernard de la Villardière.

Pour ne pas tomber dans les clichés réducteurs habituels, je tenais à ne pas commencer par ce quartier. Mais s’il y a un quartier de l’Afrique à Paris, c’est bien la Goutte d’Or. On n’y trouve pas les meilleurs restaurants africains de la capitale. Encore moins les meilleurs concerts de musique africaine ou d’autres activités culturelles palpitantes teintées des couleurs de l’Afrique. En revanche, château rouge est bel et bien un épicentre, celui du commerce africain à Paris. Le quartier concentre un grand nombre de boutiques de mode, galeries design, salons de coiffures et épiceries africaines

Je vous conseille donc d’embarquer dans le métro et de faire cap vers château rouge pour une escapade de shopping africain. Dés la sortie de métro, vous entrerez au coeur du marché Dejean. Et dans le plus africain des marchés parisiens, la stimulation des sens est garantie ! Là se trouvent des épices, des fruits et des légumes importés d’Afrique. Pour la suite, je n’ai pas d’adresses particulières à vous donner. Il suffit de se laisser emporter par sa curiosité et flâner entre les étals pour s’immerger dans l’ambiance africaine. Ne vous arrêtez pas au marché, vous risqueriez de passer à côté de jolies boutiques.

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Au delà des lieux, des parisiens pluriculturels

Pour découvrir l’Afrique à Paris, allez explorer les lieux que j’ai abordés aujourd’hui. Vous qui rêvez d’évasion vers d’autres cultures, vous serez rassasiés. Car, il s’y trouve une part de l’âme africaine grâce aux parisiens qui gardent un lien fort avec l’Afrique.

Mais au-delà d’eux, c’est notre identité à tous qui est plurielle. Chacun d’entre nous que nous aillions des origines dans un pays africain ou non est façonné par cette diversité. Au temps de la mondialisation, seule l’échelle de pluriculturalité varie d’un individu à l’autre. Nous portons tous en nous un morceau des cultures africaines, mais aussi asiatiques, américaines… C’est bien là le paradoxe du voyageur moderne : chercher loin ce qui se cache en son sein.

Ces quartiers stimulent l’hybridation et la créolisation culturelles, ainsi que l’émergence de nouvelles esthétiques qui se diffusent ensuite hors des quartiers, (…) ils sont une sorte de fabrique quotidienne d’une France multiculturelle ouverte sur le monde.

Virginie Silhouette-Dercourt
dans la revue Hommes et migration

Cet article a 8 commentaires

  1. malyloup

    contente de te lire à nouveau, Sandra 🙂
    et comme l’icône de ton blog a changé, est-ce toi à présent sur la photo?
    douce nuit à toi

    1. Sandra

      Merci
      Effectivement c est bien moi

      1. malyloup

        ça va bien dans le sens de ton dernier article

  2. Ana

    Top ton article 🙂 Je ne peux pas croire que je découvre seulement maintenant la commémoration du 10 mai… mieux vaut tard que jamais, j’irai y faire un tour l’année prochaine !

    1. Sandra

      C est sûr que pour cette année….

  3. Sandra

    Super intéressant !
    Et d’avoir ton point de vue sur tout ça, car en effet des fois quelle maladresse dans certaines initiatives pour telle ou telle culture !
    Merci pour ce chouette partage 🙂

  4. Sous Ma Plume

    Merci beaucoup pour cet article, très intéressant. La seule chose que je ne connaissais pas était la Place du Général Catroux.
    Il est vrai que Paris est une ville multiculturelle, mais quand je me fais la réflexion, mais plus l’habitude de mettre l’accent sur le multiculturalisme de Londres que de Paris. Comme si tout cela était moins assumé dans la capitale française.

  5. Le Quai Branly propose les vidéos de l expo Battre le Fer des forgerons africains à voir si on a raté l expo ou pour la revoir

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